Association Française de Lichénologie - Les champignons lichénisés de France - AFL


 
CT d'une apothécie âgée, le rebord thallin a pratiquement disparu (x400).

Caloplaca cravensis (Clauzade et Wunder) Cl. Roux
=
Caloplaca concinerascens subsp. cravensis = Caloplaca conversa var. cravensis
=
Caloplaca amniospila = Caloplaca ferruginea var. amniospila = Caloplaca  cinnamomea

Photos et texte Jean-Michel Sussey - 15/1/2016 - Six-Fours-les-Plages, cap Sicié - Var - (83) -
 leg. Jacques Valance - dét. Claude Roux


 

Ascomycota - Lecanoromycetideae - Teloschistales - Teloschistaceae
 

Thalle : crustacé, épilithique, non lobé au pourtour, fendillé-aréolé, au début blanc-grisâtre puis devenant brun foncé-noirâtre, peu épais.

Photosymbiote : Trebouxia.

Réactions chimiques : épithécium et cortex de l’excipulum K+ violet clair ; médulle du thalle surtout en dessous de l’apothécie C+ rouge carmin instantané et fugace ; épithécium et cortex de l’excipulum N+ légèrement violet.

Apothécies : (0,1-0,5 mm de diamètre) à disque plan puis légèrement convexe, de brun foncé à noir, à rebord propre concolore au disque et à large rebord thallin tendant à disparaître plus ou moins à la fin et dont la couleur évolue comme celle du thalle.

Épithécium brun. Rebord thallin rempli par les cellules du photosymbiote (algue verte). Hyménium non inspergé et sans cristaux. Paraphyses en majorité simples, de 1,5-2 µm d’épaisseur à la base et de 3,5-5 µm de largeur au sommet, certaines pouvant être ramifiées. Spores polariloculaires, incolores, par huit, de 8-13 × 4-8 µm avec un épaississement équatorial de 5-7 (7,5) µm de long plus ou moins compris entre le tiers et la moitié de la longueur de la spore.

 

Écologie, répartition : espèce saxicole, calcifuge. Sur des pierres sur le sol ou bien sur des parois inclinées ou horizontales de roches silicatées, dans des stations non protégées des pluies, ensoleillées et à atmosphère sèche. Très rare. Étage mésoméditerranéen dans le midi de la France.

 

Étymologie : Caloplaca vient du grec « calo » = beau et du grec « placa » = plaque ; cravensis vient du latin « cravus* » = Crau (plaine de) et du suffixe latin « ensis » = indiquant l’origine du lieu (de la Crau).

* le mot latin « cravus » venant lui-même du celte « crag » signifiant « pierre, rocher » d’où la Crau, plaine de pierres et de cailloux provenant de l’ancien lit de la Durance.

 

Récolte : Herb. J. Valance n° 382 (B4-5) (leg.Jacques Valance, dét. Claude Roux).

- Date : 15.01.16 Lieu : 83140 Six-Fours-les-Plages, cap Sicié. Alt. : 250 m.

- Support du spécimen : sur un petit caillou de roche silicatée, sur le sol.

 

 

Remarques : Caloplaca cravensis a été découvert pour la première fois en 1965 par Georges Clauzade dans la plaine de la Crau, commune d’Arles, au mas d’Icard à une altitude de 10 m.

Parmi les Caloplaca du groupe des Pyrenodesmia à thalle et apothécies plus ou moins noirs, Caloplaca cravensis est le seul à posséder de l’acide gyrophorique et à avoir une médulle qui réagit C+ rouge. Caloplaca concinerascens, très proche, a le rebord thallin de l’apothécie qui disparait rapidement et l’épaississement équatorial plus petit, de 3-5 µm de long.

 

Bibliographie

Clauzade G. et Roux C., 1985. Likenoj de Okcidenta Eŭropo. Ilustrita determinlibro. Bull. Soc. bot. Centre-Ouest, n° spéc. 7, S.B.C.O. édit., St-Sulpice-de-Royan, 893 p. (p. 229, n° 9).

Roux Cl., 2015. Clé des Caloplaca. v14d. du 18.08.2016 – inédit (p. 12 n° 5).

Roux C. et coll., 2017. Catalogue des lichens et champignons lichénicoles de France métropolitaine. 2e éd. A.F.L. édit. Fontainebleau, 1581 p. 2 tomes (p. 186).

Wunder H., 1974. Schwarzfrűchtige, saxicole sippen der gattung Caloplaca (Lichenes, Teloschistaceae) in Mitteleuropa, dem mittelmeergebiet und vorderasien. Bibliotheca Lichenologica 3: 1-186 (p. 126-128).

 

Reproduction partielle de l'une des 18 fiches du débutant

publiées dans le bulletin AFL 2017-1 par Jean-Michel Sussey

 

 

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