Association Française de Lichénologie - Les champignons lichénisés de France - AFL


 
 
 

Caloplaca erodens Tretiach, Pinna et Grube

Photos 1 et 2 Jean-Michel Sussey - 2/10/2012 - Mont-Saxonnex - Haute-Savoie - (74) -
Photos 3 et 4 Serge Poumarat - 24/3/2013 - Pyrénées-Orientales - (66) -


 

Ascomycota - Lecanoromycetideae - Teloschistales - Teloschistaceae
 

Thalle : crustacé (1-8 cm de Ø), souvent régulièrement arrondi mais parfois déformé par juxtaposition de plusieurs thalles, endolithique, non cortiqué, entièrement sorédié (sauf à la périphérie), gris légèrement bleuté, entouré par un hypothalle épilithique blanc, bien visible, sublobé, non sorédié.

Photosymbiote : A1gue protococcoïde à cellules de 13-18(23) µm de diamètre

Chimie : thalle, sorédies et paroi externe de l’excipulum K+ faiblement violacé, C+ faiblement rouge-violacé, N+ faiblement violet vif ; hyménium I+ bleu.

Apothécies : (0,2-0,4 mm) extrêmement rares, souvent de forme irrégulière, à disque pruineux gris bleuâtre et rebord thallin présent. Sorédies grises dispersées sur le thalle qui se creuse légèrement vers le centre.

Excipulum à paroi externe gris foncé et paroi interne gris verdâtre, contenant de petits cristaux non solubles dans l’acide nitrique.

Hyménium de 60-70 µm d’épaisseur. Hypothécium incolore.

Paraphyses simples, quelques unes ramifiées au sommet, à cellules terminales enflées de 4-5 µm de diamètre.

Spores polariloculaires, non halonées, incolores, par (4)6-8 dans les asques, de 10-12(19) x 6-8(9) µm, avec un épaississement équatorial de plus de 3 µm de longueur.

Pycnides inconnues.

Écologie, répartition : Saxicole, calcicole. Sur parois rocheuses verticales ou surfaces inclinées ou horizontales ou sur pierres et cailloux au sol, bien exposés au soleil et à la lumière. Souvent en peuplement monospécifique. Étages montagnard supérieur et subalpin.

 

Récolte de Jean-Michel Sussey : Herb. JMS. N° 2711 - 02.10.12. Sur le sommet horizontal d’un rocher calcaire de 2 m de hauteur. 74130 Mont-Saxonnex, Morsullaz d’en Haut, en face de l’auberge du Midi. Alt. : 1270 m.

 

Étymologie : Caloplaca vient du grec « calo » = beau et du grec « placa » = plaque ; erodens vient du latin « erodere » = ronger, manger, brouter (du fait de sa grande capacité à éroder la roche sur laquelle il est installé).

 

Remarques : Possibilité de confusion avec Caloplaca alociza mal développé, mais celui-ci a un thalle non sorédié qui, en général, porte de nombreuses apothécies alors que chez Caloplaca erodens elles sont presque toujours absentes.

Bien que rarement fertile, Caloplaca erodens colonise de très larges surfaces. En effet, sa reproduction végétative, due aux sorédies (grappes de cellules algales entourées par les hyphes du champignon), est facilitée par le détachement de morceaux sorédiés du fait de la destruction de la roche-support, par ce lichen.

 

Bibligraphie :

- Catalogue des lichens de France, de C. Roux et coll., 2014, pages 215-216.

- Roux C., 2014. Clé des Caloplaca. Version provisoire (v.12 - 10.11.2014), inédit, 121p. (p. 71, n° 85).

Tretiach M., Pinna D. and Grube M., 2003. Caloplaca erodens (sect. Pyrenodesmia), a new lichen species from Italy with an unusual thallus type. Mycological Progress 2(2):127-136.

 

Photos complémentaires sur le site de Serge Poumarat : [Lichens de Catalogne]

 

Cette espèce a fait l'objet d'une fiche détaillée dans le bulletin AFL 2014(2)

dans le cadre des fiches du débutant publiées depuis 2002 par Jean-Michel Sussey

 

 

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