Association Française de Lichénologie - Les champignons lichénisés de France - AFL


 
 
 
 

Caloplaca suaedae O.L. Gilbert et Coppins

Photos Jean-Pierre Gavériaux (leg. Jean-Yves Monnat - octobre 2012 - Saint-Armel - Morbihan - 56)
Photo 3 et textes de Jean-Michel Sussey - sur branches mortes de vieux buissons de Suaeda vera et Sarcocornia fruticosa


 

Ascomycota - Lecanoromycetideae - Teloschistales - Teloschistaceae
 

Thalle : crustacé, non lobé au pourtour, verruqueux-aréolé ou granuleux-aréolé, composé d’aréoles denses et convexes (le bord du thalle étant plus plat), gris-vert, mat, devenant vert vif au contact de l’eau.

Photosymbiote : algue verte.

Chimie : disque des apothécies K+ pourpre ; thalle K-.

Apothécies : petites 0,2-0,4(0,6) mm, nombreuses, groupées en amas, arrondies ou angulaires, déformées par compression mutuelle, à disque au début concave, puis plan et enfin légèrement convexe, jaune orangé, non pruineux, avec un rebord propre bien visible, un peu plus plus clair, persistant, et un rebord thallin gris verdâtre, bien visible chez les jeunes sujets mais disparaissant rapidement.

Pycnides immergées dans le thalle, peu visibles, formant de petites taches jaune orangé à la surface du thalle.

Épithécium orange jaune. Hypothécium incolore.

Hyménium (65-75 µm) incolore, sans inclusions cristallines ni gouttelettes d’huile.

Spores polariloculaires, étroites, certaines réniformes, incolores, par huit, de 12-14 x 4,5-5 µm avec un épaississement équatorial de 3,5-4(6) µm.

Paraphyses minces (1-1,5 µm à la base) et souvent ramifiées au sommet, les cellules apicales étant plus larges (2-4 µm).

Pycnidiospores ellipsoïdales de 2,5-3 x 1-1,5 µm.

Écologie, répartition : Corticole ou lignicole. Sur les tiges mortes ou les troncs de vieux buissons de Suaeda vera (soude vraie) ou de Sarcocornia fruticosa (salicorne en buisson) poussant sur des sols sablonneux et riches en sel, au bord de mer, au-delà des hautes marées, ou au bord des zones de marais vaseux côtiers. Côtes de l’Atlantique nord.

Connu en Angleterre, ou il a été hâtivement considéré comme endémique des îles Britanniques (Smith et al. 2009), il vient d’être trouvé pour la première fois en France par Yann Quelen, Marine Davoust et Jean-Yves Monnat en Bretagne. (À rechercher sur la côte atlantique dans les milieux favorables, estuaires, prés salés, marais salants).

 

Étymologie : Caloplaca vient du grec « calo » = beau et du grec « placa » = plaque ; suaedae vient du latin « suaeda » = soude et du suffixe latin « ae » = qui indique l’origine. Ce lichen pousse sur la Soude vraie ou Suéda fruticuleux (Suaeda vera Forssk. ex J.F. Gmel.).

 

Remarques :

- Caloplaca luteoalba a des spores presque de mêmes dimensions (9-15 x 4-6 µm) mais à épaississement équatorial très court d’environ de 0,5-1,5 µm de longueur.

- Caloplaca cerina a des apothécies de jaune cireux à gris plombé, avec un bord thallin gris plus ou moins foncé persistant et un épaississement équatorial très long (5-9 µm), égal à la moitié de la longueur de la spore.

- Caloplaca cerinella a des apothécies jaune ochracé ou jaune cireux, avec un rebord propre plus clair et un rebord thallin grisâtre, et surtout des spores par 12-16 (rarement 8), de 8-12 x 5-7 µm avec un épaississement équatorial de 3-5 µm de longueur.

 

Bibliographie :

Gilbert O. L., 2001 – The lichen flora of coastal saline lagoons in England. The Lichenologist 33 (5) : 409 - 417 (p.416).

Roux C. et coll., 2014 - Catalogue des lichens de France, pages 253 et 254.

Roux C., 2013 – Clé des Caloplaca. Version provisoire (v.10 – 24.01.2013), inédit, 118p. (p.115, n° 158b).

 

Cette espèce a fait l'objet d'une fiche détaillée dans le bulletin AFL 2014(1)

dans le cadre des fiches du débutant publiées depuis 2002 par Jean-Michel Sussey

 

 

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