Association Française de Lichénologie - Les champignons lichénisés de France - AFL


 
 
 
 
 
 
 
 

Aspicilia serenensis Cl. Roux et M. Bertrand morpho. serenensis

Photos 1-3 Jean-Michel Sussey - Photos 4-5 Françoise Guilloux - Photos 6-9 Olivier et Danièle Gonnet
24/08/2016 - session AFL - Foncine-le-haut - Jura - (39) -


 

Ascomycota - Lecanoromycetidae - Pertusariales - Megasporaceae

 

Observation à la loupe : Thalle crustacé (3-20 cm de diamètre), plus ou moins lobé au pourtour, aréolé-fissuré (jusqu’à 1,4 mm d’épaisseur), en rosettes plus ou moins confluentes, blanchâtres, légèrement ochracées ou bleuâtres et entourées d’une ligne hypothalline noire. Aréoles de la périphérie en général très irrégulièrement allongées radialement. Apothécies aspicilioides (0,3-1,5 mm de diamètre), nombreuses, par une ou plusieurs dans les aréoles, anguleuses ou confluentes, à disque noir ordinairement non pruineux (mais pruineux dans le morpho pruinosa) et à rebord thallin persistant. Pycnides pyriformes, entièrement enfoncées dans le thalle, incolores, excepté le pourtour de l’ostiole qui est vert brunâtre.

 

Observation au microscope : Présence dans le cortex du thalle (çà et là) et dans la couche pigmentaire du rebord thallin de l’apothécie du brun de subdepressa. Épithécium vert brunâtre, contenant de très fins cristaux non solubles dans K mais solubles dans N. Hypothécium incolore.

Spores de largement ellipsoïdales à globuleuses, incolores, par (2) 4 (5) par asque, de (18,5)22,5-27,5(30) × (14)17-23,5(25) µm.

Pycnidiospores filiformes, droites, incolores, de (6)8,5-13,5(15,5) × 1(1,5) µm.

Algue protococcoïde.

 

Chimie : cortex du thalle et médulle K-, C-, KC-, P- ;  épithécium N+ vert émeraude (contenant du vert d’Aspicilia) ; hyménium et hypothécium I+ bleu puis rouge cuivré.

 

Récolte : Herb. JMS. N° 3143

- Date : 06.10.17 Lieu : 06460 Caussols, plateau de Caussols, à 100 m. du parking. Alt. 1080 m.

- Support du spécimen : sur un rocher de calcaire compact émergeant du sol.

- Écologie, répartition : Saxicole, calcicole. Sur des surfaces horizontales ou inclinées de rochers ou blocs de calcaire compact. Dans des stations soumises à tous les temps, bien éclairées et ensoleillées. Commun dans les montagnes calcaires. De l’étage supraméditerranéen supérieur (assez rare) à l’étage subalpin (optimum au montagnard et au subalpin).

 

Étymologie : Aspicilia vient du grec « aspis » = bouclier et de « cilium » = cil (les apothécies âgées se déchirent sur le côté et ont l'air ciliées) ; serenensis vient du mont Serein sur le flanc nord du mont Ventoux, où il a été découvert la première fois et du suffixe latin « ensis » = qui indique l’origine.

 

Remarques

1. Aspicilia serenensis peut être parfois lichénicole et envahir des thalles d’Aspicilia calcarea.

2. Aspicilia serenensis qui en est très proche d'Aspicilia calcarea, A. farinosa et A. subfarinosa, se distingue de ces trois Aspicilia par

- son thalle notablement plus épais (à médulle très épaisse),

- ses apothécies nettement plus grandes, peu ou pas pruineuses (sauf chez le morpho. pruinosa qui est assez rare) et dont le cortex du bord thallin contient du brun de subdepressa,

- ses conidies un peu plus longues,

- son caractère plus orophile.

 

Bibliographie

Aspicilia serenensis Cl. Roux et M. Bertrand sp. nov., espèce nouvelle de lichen (groupe d’A. calcarea, Megasporaceae) par Claude Roux, Michel Bertrand et Anders Nordin, Bull. Soc. linn. Provence, t. 67, 2016, pages 165-182.

Article disponible sur le site de Claude Roux http://lichenologue.org/fr/index.php

 

cette espèce a fait l'objet de l'une des 18 fiches du débutant

publiées dans le bulletin AFL 2018_1 par Jean-Michel Sussey

 


 

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